L'ENQUETE

Votation Lycéenne, une mascarade de l'Union Nationale Lycéenne ?

Les interviews complètes :

_Clara Paul Zamour, secrétaire générale de l'UNL

_Massira Baridj, président de la FIDL

_Sacha Camporini, président du SGL

_Jules, porte parole de Sud Lycéen 35

La votation lycéenne sur la réforme du lycée a été lancée au printemps dernier par 7 mouvements de la jeunesse; l'Union Nationale Lycéenne, la Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, le Mouvement des Jeunes Socialistes, les Jeunes Communistes, les Jeunes Radicaux de Gauches, les Jeunes Verts ainsi que les JOC ?? Qu'en ai t'il aujourd'hui de cette votation ? A t'elle porté ses fruits ? J'ai mené mon enquête. Accrochez vous, de drôles de révélations vous attendent !

Afin d'en savoir plus, j'ai interviewé l'ensemble des syndicats lycéens; signataires comme non signataires de la votation. En effet, ceux qui n'en font pas souhaité s'y joindre ont parfois des raisons légitimes de le faire. Je précise que je ne me suis pas penché sur l'avis des organisations politiques.

Qu'en disent d'abord les organisations signataires de la Votation Lycéenne ?

 

Pour Clara Paul Zamour, secrétaire générale de l'UNL : « C'est une initiative collective, […] l'UNL et la FIDL étant à l'impulsion de la votation ». Pour elle, l'objectif était d'abord de «faire pression sur le gouvernement » face aux multiples dégradations que subies aujourd'hui l'école Publique. Réforme du lycée, suppressions de postes, suppression de la carte scolaire, réforme de la formation des professeurs ect, les organisations signataires de la votation souhaitaient par le biais de ce vote montrer le désaccord de la jeunesse face à la politique du gouvernement en matière d'éducation. Massira Baridj, président de la FIDL précise ainsi que l'un des enjeux de la votation était de « Faire comprendre au sein du ministère que les jeunes ne sont pas dupes de la réforme du lycée, de la politique sécuritaire et économique qu'engage le gouvernement […], montrer que c'est bien la majorité des lycéens qui sont contre cette politique la».

Et les organisations non-signataires ?

Pour Sacha Camporini, président du SGL, c'est une bonne initiative « qui permettait à la fois d'informer et de mobiliser les lycéens ainsi que l'opinion publique. […] Elle aurait pu permettre de médiatiser la réforme du lycée auprès des lycéens mais aussi auprès des médias en montrant que les lycéens la repoussait ». Jules, porte parole de Sud Lycéen 35 n'est pas sur la même ligne. Trois raisons expliquent que leur fédération n'a pas souhaitée s'y joindre. « Le mot d'ordre de la votation n'était pas correct puisque c'était 3 questions où la réponse était déjà donnée à l'avance […], on estime que c'était pas utile pour faire réfléchir les lycéens et faire passer nos revendications. » Seconde raison, le moment choisit pour lancer la votation. « Nous on pensait qu'une votation ça aurait pu être juste, avec comme question 'pour ou contre la réforme chatel' mais elle aurait pu être juste en septembre ou en octobre, avant le mouvement pour expliquer notre opposition à la réforme aux lycéens ». Dernière raison, « Essayer de convaincre les gens en mai ou en juin que la réforme n'est pas bien est inutile. La raison de cette votation en mai-juin, c'est pour servir d'alibi aux centrales comme le Mouvement des Jeunes Socialistes ou de l'UNL qui n'ont rien fait pour la plupart de leurs fédérations en dehors de quelques exceptions pendant le mouvement lycéen, voir qui ont mis des bâtons dans les roues au mouvement. »

Le but est-il atteint ?

De leur point de vue, il serait à moitié atteint. Atteint parce que les lycéens auraient voté en masse, et auraient surtout voté contre la réforme du lycée, ce que souhaitent montrer les organisations signataires. Je n'ai pu obtenir aucuns chiffres puisque selon Clara Paul Zamour, toutes les organisations n'auraient pas encore fait remonter leurs listings. D'un autre côté comme nous l'a dit Massira Baridj, « on est fasse à un gouvernement qui ne veut rien lacher », quelque soit l'issus du vote, les organisations signataires ne s'attendaient donc pas à un changement de ton du gouvernement. On peut donc interroger sur la pertinence d'une telle votation lancée en fin d'année et après le mouvement lycéen..

Voilà pour la ligne officielle, celle qui est défendue par les organisateurs de cette votation. En creusant un peu plus, on se rend compte que cette ligne est loin d'être partagé par tous, y compris par de nombreux militants de l'UNL ou de la FIDL ayant mené la votation.

Une initative collective ?

Première révélation, le Syndicat Général Lycéen (SGL) n'aurait pas été accepté dans la liste des organisations signataires. C'est Sacha Camporini, président du SGL qui nous l'annonce; «On a été écarté. On nous a dit clairement, 'non vous êtes une organisation minoritaire' alors qu'on est majoritaire au Conseil National de Vie Lycéenne et qu'on a un élu au Conseil Supérieur de l'Education » Révélation confirmée par la FIDL mais aussi par Clara Paul Zamour pour l'UNL qui bizarrement m'affirme d'abord ne pas connaître l'organisation.. « Je ne connais pas cette antitée ». Vraiment étrange quand on sait que le SGL est né d'une scission de l'UNL. Miraculeusement, quelques mots plus tard, la secrétaire générale de l'UNL se souvient de la fameuse antitée et m'explique que c'est parce qu'elle est une organisation minoritaire qu'elle a été refusée. Et bien.. pour une initiative collective, elle est drôlement individuelle. Le président de la FIDL m'avouera que c'est un choix politique de l'UNL qui n'était pas partagé par toutes les organisations signataires. « Sachant que le SGL est né d'une scission de l'UNL et que l'UNL est pilote [dans la votation], elle refuse logiquement leur présence. »

Une votation mal perçue ?

Seconde révélation, la votation aurait été parfois mal perçue par les lycéens. Arrêtons nous sur les questions du la votation : « » ». Des questions très orientées qui ne laissent aucun suspens dans les réponses comme l'affirme Jules de Sud Lycéen 35 ou Titouan, un militant de l'UNL 44. « Du point de vue de la FIDL, on aurait plutôt été pour un choix de réponse plus large » m'avouera Massira. « L'objectif de faire des questions comme ca c'est de montrer qu'il y avait vraiment deux visions de l'éducation qui s'opposent » se défend Clara qui m'explique que la Votation aurait été suivie d'« AG de la votation, de débats sur la votation ce qui a permis que les lycéens discutent entre eux de toutes ces questions là » Sur le terrain pourtant, certains lycéens se seraient plaint de telles réponses, beaucoup trop orientées. C'est ce que me rapportent des militants de l'UNL ayant mené la votation. Certains de ces militants étaient même en désaccord avec une telle votation. Titouan, militant de l'UNL 44 : « Faire une votation ou c'est juste faire signer des gens pour dire en gros, 'la politique du gouvernement c'est de la merde', on est pas convaincu de l'aboutissant d'une telle pétition. […] C'est bien beau d'instaurer des votations contre la politique du gouvernement sachant qu'on a pas essayé de mobiliser contre la réforme Chatel. […] Ca sert à rien de lancer une votation au moment où la dynamique n'est plus vraiment là dans les lycées. »

L'objectif caché de la Votation, penser les plaies de l'UNL ?

Si les organisations signataires étaient conscientes qu'une telle Votation n'aurait pas de conséquence alors que pouvaient-elles donc en tirer ? Selon Sacha Camporini, l'UNL et le MJS (et non pas unl et fidl comme l'affirmait Clara Paul Zamour) auraient lancé la votation « juste parcequ'ils sont entrain de perdre beaucoup de leurs effectifs et ils voulaient se faire un carnet d'adresse ». Effectivement, seules l'UNL et le MJS détiennent apparemment le listing des signataires après enquête. Un militant de la Fidl me confirme qu'ils n'ont pu avoir accès à la gestion du site de la Votation. Une autre confirmation et peut être la plus importante me vient d'un militant de l'UNL qui a souhaité garder l'anonymat. Celui ci aurait eu confirmation par Clara Paul Zamour que l'objectif était bien une prise de contact après qu'il lui ai expliqué ses craintes pour la Votation, « Elle m'a dit, mais de toute façon, c'est de la prise de contact ».

L'UNL aurait-elle vraiment lancé cette Votation pour se faire un carnet d'adresse ? Beaucoup d'éléments confirment cette thèse. Ce qui est sur, c'est qu'après le départ de la tendance interne UNL D (aujourd'hui SGL) et les démissions en chaine, l'UNL a perdu beaucoup en crédibilité et beaucoup de ses militants. La Votation Lycéenne n'aura dans tout les cas pas fait grand bruit, elle nous aura en revanche permis d'admirer comme le mensonge est affaire courante au sein du bureau national de l'UNL.

Raphaël Rezvanpour

Je souhaite préciser que l'objectif de mon article n'était pas à la base de viser l'UNL mais bien de savoir où en était la votation.

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vivre libre ou mourir

Journaliste du Pavé Lycéen

Syndicaliste Etudiant

Militant du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)

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